Le plaisir d’écrire est fait de spontanéité.
Le plaisir d’écrire correctement est fait de petites victoires arrachées :
Chercher longuement le mot juste. Insérer judicieusement une expression « qui fait mouche. » Broder patiemment une phrase qu’on relira plus tard avec fierté, le sourire aux lèvres. Traduire fidèlement sa pensée. Faire preuve d’inventivité scripturale. Oser le mot inusuel. Rimer une idée. Rythmer un texte. Ponctuer. Simplifier autant que possible. Écrire entre les lignes. Répéter les pléonasmes à répétition (juste pour glousser de rire). Faire preuve d’humilité devant la langue. Vérifier l’orthographe d’un mot au moindre doute. Traquer les coquilles et les métaplasmes. Mordre tous les mordus sans en démordre. Participer. S’enorgueillir.
* Louis Cornellier explique dans son texte Contre la capitulation linguistique que les métaplasmes, selon le poète et essayiste Alain Borer, sont des atteintes à la précision de la langue (par ex. erreur dans l’accord du participe passé).
